VILLA D1 - BBC+
Description du projet
Orienté au sud et à l’est, posé parallèlement aux courbes de niveaux, la construction est disposée en partie haute du terrain, à l’endroit de moindre différence d’altitude d’avec la rue, pour profiter au maximum de l’ensoleillement et dégager les fenêtres sud, et pour faciliter l’accès piétons et véhicules.
Afin d’épouser la pente du terrain de plus de 10%, elle est partiellement enterrée en façades nord, ce qui limite également son impact visuel dans le paysage.
L’étude de ce projet de maison « BBC+» - enveloppe d’isolation par l’extérieur, équipement aérotherme/ventilation performant - nous a conduit à concevoir une forme générale compacte, sur deux niveaux, tout en privilégiant l’orientation et les points de vues sur le paysage environnant.
Cet habitat bioclimatique respecte les besoins de ses futurs habitants et les multiples fonctionnalités du bâtiment - qualité des vues, de la lumière, des circulations, etc. – tout en intégrant la composante thermique qui détermine la conception des espaces :
- le séjour au sud, les chambres à l’est, les pièces techniques et de service au nord,
- les pièces principales orientées au sud pour profiter des apports solaires, tout en ayant des protections fixes au fort ensoleillement d’été par les débords de terrasses,
- par l’adaptation à la forme du terrain, la façade nord est en partie enterrée : son isolation est renforcée et son exposition aux vents du nord diminuée.
- la position du garage protège la maison des vents d’ouest.
Le choix de toitures-terrasses nous a permis de limiter la hauteur du bâti, tout en créant les deux niveaux, sur un terrain en pente. Par ailleurs, il renforce le rapport favorable entre les surfaces de murs/toits capteurs de calories et les surfaces de déperditions non exposées au soleil, en partie enterrées par l’adaptation au site.
Ces toitures-terrasses seront végétalisées sur le garage et l’étage pour renforcer naturellement l’isolation, et accessible en partie afin de profiter du point de vue. Ces toitures plantées permettent également de retenir les eaux de pluie et de réguler leur rejet dans la terre, par le biais d’un puits d’infiltration.
Le choix d’une isolation par l’extérieur renforcée et d’une structure en blocs isolants à béton banché nous permet d’empêcher la migration des calories en hiver et de faire barrage à celles d’été, de stocker et de restituer les apports énergétiques solaires en profitant de l’inertie des dalles et murs intérieurs. Le mode de mise en œuvre du matériau choisi – blocs Euromac 2 – optimise également l’étanchéité à l’air du bâtiment et les fuites de calories. Cette performance thermique nous permet de limiter à l’appoint le rôle des systèmes de chauffage - pompe à chaleur et poêle à bois.
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Année de réalisation
Coût du projet
Surface
Département
Ville
Code Postal
Liens externes :
À propos de l'agence MOOVIS ARCHITECTE
Moovis Architecte est une société d’architecture fondée en 2006 par Sébastien Puch. Située à Chaponost dans l’ouest lyonnais, l’agence se concentre essentiellement sur l’architecture de l’habiter sous différentes formes : logements collectifs, logements individuels, logements temporaires, formes mixtes, hôtellerie. L’agence intervient dans l’ouest lyonnais et le Grand Lyon.
Dans un monde en constante évolution, à la surabondance d’images et de virtualité, l’existence concrète du bâti « déjà-là » est la ressource fondatrice de notre production. Nous développons à l’agence une pratique de création et de conservation. La production de nos prédécesseurs est une base fertile au projet. Base à adapter aux modes de vies contemporains et futurs en recyclant, réutilisant et transformant le bâti existant. Pour habiter autrement, il nous faut « comprendre une situation préexistante »[1] et renouer avec l’histoire de l’architecture, sans la sacraliser ou la renier.
L’acte de construire implique aussi de ne pas construire, voire de déconstruire. Notre responsabilité de concepteurs – motivés par une architecture d’utilité publique[2] - nous invite à reprendre l’oxymore de Carlo Scarpa « Conserver, c’est transformer ». L’interprétation de cette formulation que nous voulons pour nos projets, est de faire progresser et évoluer le bâti, même s’il est parfois dysfonctionnel et obsolète[3], en luttant contre une démolition[4] systématique.
Considérant la conception d’un cadre de vie à habiter[5], d’un chez-soi, comme la maîtrise des différentes échelles d’un projet, nous étudions en complémentarité la décoration, l’aménagement et le dessin des extérieurs comme prolongements participants à l’architecture. Le projet architectural se manifeste par un système dont nous faisons la synthèse, qui s’incarne par une représentation graphique.
A l’image de notre patrimoine national qui s’est transmis et modifié dans l’Histoire, les existants sur lesquels nous intervenons étaient adaptés à un mode de vie antérieur, qu’il faut prendre comme source de potentiels. Reconstruire de nouvelles manières d’habiter implique de penser le projet dans la durée. Le résultat importera moins que les moyens[6] et le processus pour y parvenir, avec la possible de transmettre aux générations futures.
Rénover c’est une forme de création, utilisant l’existant pour raconter une nouvelle histoire à faire passer. Le projet architectural trouvera sa place entre tous ces éléments, dans une temporalité évolutive qui lui est propre.
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[1] TAVARES, André, Préface, p.2 à p.7 dans QUINTON, Maryse, Habiter autrement, Éditions de La Martinière, 2021.
[2] Article 1er de la loi du 3 janvier 1977 : « l’architecture est une expression de la culture »
[3] Nous intervenons sur des pavillons des années 60 à 80, dits « plans Favier ». Ces existants, issus du même plan type sont un modèle dépassé de construction où l’habitat domestique était colonisé par la voiture et son besoin dévorant d’espaces (girations, stationnements dans le volume bâti, jardin déconnecté de la partie habitable).
[4] BORNE, Emmanuelle, entretien avec LECONTE, Christine, disponible sur (larchitecturedaujourdhui.fr/lordre-et-la-rehabilitation-entretien-avec-christine-leconte/).
[5] HEIDEGGER, Martin, « Bâtir habiter penser » dans Essais et conférences, Paris, Gallimard, 1958 : « Habiter est la manière dont les mortels sont sur Terre ».
[6] En tant qu’architecte, nous avons une obligation de moyens et non de résultats.